Depuis plusieurs années maintenant, la ville de Rennes a entrepris par anticipation de se lancer dans un développement urbain écologique. Dès 1989, elle entreprend un projet urbain comportant de nombreux principes de développement durable. Il est notamment pris en compte la protection des espaces verts, le développement des transports collectifs ( métro léger Val, bus ), des aménagements destinés aux piétons et aux cyclistes, une gestion plus écologique de l'eau et de l'énergie, ainsi que la création de nouvelles zones d'aménagement concerté ( dont la Zac Beauregard, cf. la résidence Salvatierra ).

Après des échanges actifs entre les habitants, les services municipaux et les professionnels, après des recherches et enquêtes, le projet urbain de Rennes validé en 1991 s'est vu remodelé et sa nouvelle version a été publié en 1999. La nature dans la ville et l'environnement font partie intégrante des choix de Rennes en matière d'urbanisme et de construction.

Une mixité sociale et fonctionnelle est développée dans la ville. Un grand soin est porté à l'intégration de logements sociaux dans chaque partie de la ville.

La gestion de l'eau et des déchets est également un point fort de la politique menée par Rennes. Toujours dans cet optique, la ville a élaboré une Chartre de l'environnement, validée en 2000 par le ministère de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire, qui a pour but de renforcer les atouts environnementaux de la ville et d'en corriger les faiblesses.

Rennes et la résidence Salvatierra

Cette résidence est le seul projet français du programme européen Cepheus , et sa réalisation a été initialisée par la ville de Rennes. L'opération, située sur les hauteurs de la ville s'inscrit dans le cadre de la Zac Beauregard et a été mise en service en 2001.

La résidence est composée de quarante logements de deux à six pièces. Le bâtiment est compact dans les quatre niveaux inférieurs afin de limiter les déperditions de chaleur et rationaliser la construction. Il se termine en attique par des duplex prolongés au sud par une terrasse.

Les entrées des logements sont desservies au nord par des coursives extérieures, face à un jardin.

Le projet a été conçu par Jean-Yves Barrier , qui a déjà une longue expérience de l'architecture bioclimatique. Il a ainsi privilégié un mélange des matériaux utilisés afin de profiter des avantages de chacun. Une structure primaire en béton assure le contreventement du bâtiment et apporte son inertie thermique. Les pignons et la façade nord ont une ossature en bois dont les qualités isolantes réduisent les ponts thermiques, et une isolation en laine de chanvre de seize centimètres. La façade sud est en bauge. Cette terre crue est moulée et comprimée afin d'obtenir des éléments préfabriqués de cinquante centimètres d'épaisseur, soixante-dix de hauteur et de soixante à cent centimètres de longueur. Un soin particulier est fait pour toutes les finitions.

Afin de correspondre au label Habitat passif, il a fallu porter un fort intérêt à l'optimisation de l'enveloppe.

Les menuiserie en bois sont isolées et ont un double vitrage à faible émissivité et à haute transmission, avec une lame d'argon, augmentant ainsi les performances isolantes. Un système de ventilation double-flux est installé et équipé d'un récupérateur de chaleur d'un rendement de quatre-vingt pour cent. Cela veut dire que l'air vicié, capté dans les pièces humides, passe par un échangeur pour chauffer l'air neuf. L'appoint est assuré par le chauffage urbain.

Près de cent mètres carré de capteurs solaires situés en toiture permettent de chauffer l'eau sanitaire. Ils peuvent être complétés également par le chauffage urbain.

Les habitants de cette résidence sont associés à cette opération et sont invités à participer à une gestion économe de leur logement, notamment au niveau de leur consommation d'électricité.

la ville de Rennes
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