UN PROJET SOCIAL BATI EN COMMUN

La participation citoyenne prévue pour le quartier Vauban a dépassé les simples concertations imposées par les règlementations actuelles. Fribourg a organisé une participation citoyenne élargie, qui a été constante pendant cinq années, depuis le concours d'idées jusqu'à l'élaboration du projet et le début des travaux. Malgré des aides publiques extérieures et des subventions qui ont contribué à son financement, cette participation a engendré des surcoûts financiers pour la commune.

Au départ, la concertation a intéressé les étudiants et les « alternatifs » qui vivaient déjà sur les lieux. Elle a ensuite été élargie aux organisations écologiques. Dès le début du projet, une association est nommée afin de l'organiser : le forum Vauban. Il travaille en collaboration avec la commune et la société KE, responsable de la gestion technique du projet. Des rencontres ont lieu très régulièrement et tous les six mois, une réunion réunit les élus et le forum, représentant les habitants.

La ville de Fribourg a privilégié le dialogue, même si parfois il s'est avéré houleux : près de 10 à 15% des décisions sont restées conflictuelles et ont dû être tranchées par la mairie. Par la participation citoyenne élargie, elle a pris le parti de travailler main dans la main avec les futurs habitants, afin d'établir avec eux un cahier des charges du quartier (urbain et architectural). Les habitants, par le biais du forum Vauban, ont fait valoir leurs convictions et leurs idées. Tandis que la ville a pu expliquer plus longuement son concept de quartier écologique et les avantages et inconvénients que cela pouvait poser.

Le projet Vauban s'est continuellement adapté aux résultats des concertations, ainsi qu'aux observations faites lors de la conception. Ce concept «  d'apprendre en faisant  » ( Learning while doing ) a permis à la municipalité de Fribourg de faire évoluer le projet et de l'améliorer au fur et à mesure, en partenariat avec le Forum Vauban.

Toute personne souhaitant vivre dans le quartier doit passer un entretien avec la mairie. Cette sorte de test imposé par la municipalité permet d'obtenir la mixité sociale promise par la ville. De cette façon, tout le monde a accès à ce nouveau type de logement respectueux de l'environnement. C'est tout du moins l'idée défendue par Fribourg. Par ces entretiens, elle souhaite mélanger les classes sociales et créer une véritable mixité sociale.

On peut cependant se poser la question de savoir si ce quartier n'est pas simplement un lieu pour les gens méritants et motivés. Les logements « traditionnels » étant réservés pour les autres. A Vauban, l'équilibre social souhaité n'est pas atteint . La grande majorité des familles appartient à la classe aisée et a des enfants. Près de 75% des habitants sont des cadres supérieurs ou des professions libérales. Les populations modestes sont faiblement représentées et ghettoïsées (logements SUSI). La population est principalement d'origine de Fribourg + région et les quelques étrangers sont des professeurs enseignant dans les universités fribourgeoises (hors collectif SUSI).

Les objectifs sociaux sont loin d'être atteints et les avantages écologiques et économiques du quartier ne bénéficient pas au plus grand nombre.

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